LA SPIRITUALITÉ AFRICAINE

TELLE CULTURE, TELLE SPIRITUALITÉ!


LE VODOUN

Le vaudou (ou vodou, ou vodoun) est une religion originaire de l'ancien royaume du Dahomey (Afrique de l'Ouest). Il est toujours largement répandu au Bénin et au Togo, comme dans le célèbre marché des féticheurs à Lomé.

À partir du XVIIe siècle, les noirs capturés, réduits en esclavage, originaires de cette région d'Afrique répandirent le culte vaudou aux Caraïbes et en Amérique. On le retrouve donc sous différentes formes à Cuba, en Haïti, au Brésil ou encore aux États-Unis, en Louisiane surtout. Le vaudou s'est aussi répandu en Afrique du Nord où on le retrouve sous différentes formes, dont la plus connue est le Gnawa au Maroc et en Algérie, mélangé au folklore religieux arabo-musulman. Le culte vaudou compte environ 50 millions de pratiquants dans le monde. On trouve en 2011 de nombreuses communautés « vaudouisantes » dans le monde entier, majoritairement sur le continent américain, et aux Antilles. Il existe en Europe des communautés plus discrètes mais néanmoins actives tel que le Hounfor bonzanfè, le Lakou sans Lune ou le Hounfor Konblanmen. Au début du XXIe siècle, le vaudou s'étend également au Canada où de nombreuses communautés ont vu le jour et tentent de mettre ce système de croyance au devant de la scène.

Il existe un musée du vaudou à Essen en Allemagne.


    Le Vodoun, sujet à polémique et à controverse ; Vodoun, représentation du diable ; Vodoun, symbole du fétichisme ! Telles sont les conceptions du Vodoun et de ses pratiques par le commun des mortels.

En effet, pendant longtemps le concept du Vodoun a été peint en noir et même de nos jours, ses détracteurs continuent d’entretenir le flou autour de la quintessence de cette pratique qui de part les fausses images qui passent à l’écran, s’assimile à la magie et au fétichisme. Chez certaines personnes, la seule évocation du thème Vodoun, suscite mépris, dédain et... trouille.

Le Vodoun, en réalité, est une religion comme toutes autres religions, basée sur des normes et des principes qui lui sont propres. C’est une dénomination qui est vaste et ses concepteurs ont vu juste en la divisant en différentes entités. Ainsi tous les éléments du cosmos : le ciel, la terre, l’eau, l’air, le feu, etc. sont diverses entités constituant le Vodoun.

 Dans nos recherches, dans les discussions que nous avions eues avec les prêtres et adeptes de cette religion tant controversée, il ressort que le Vodoun n’est que la représentation de Dieu sur terre… Et ce Dieu Omnipotent est baptisé MAHU LISSA. De lui dérivent tous les autres petits dieux : le LEGBA, le SAKPATA, le HEBIOSSO, le GU, etc. qui sont un peu comme des saints, véritables échelles pour accéder à l’Omnipotent MAHU LISSA. Et pour preuve, lorsque vous avez la chance d’assister à un rituel Vodoun, le prêtre ou la prêtresse Vodoun invoque toujours DIEU. Bref, le Vodoun ne relève ni de la magie ni du fétichisme. C’est plutôt une philosophie religieuse qui n’a rien à voir avec la magie qui relève du mysticisme et vu son importance dans la société béninoise, le gouvernement n’a pas hésité à décréter une journée nationale du Vodoun  depuis l’avènement de la démocratie en 1990: le 10 Janvier de chaque année est en effet célébré afin de valoriser cette culture qui remonte aux temps immémoriaux et qui joue un rôle prépondérant depuis des âges jusqu'à nos jours dans nos sociétés africaines et plus particulièrement celle béninoise.

 

 

Origine

      Le vaudou est né de la rencontre des cultes traditionnels des dieux yorubas et des divinités fon et ewe, lors de la création puis l'expansion du royaume Fon d'Abomey aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Le vaudou est le fondement culturel des peuples qui sont issus par migrations successives de Tado au Togo, les Adja (dont les Fons, les Gouns, les Ewe... et dans une certaine mesure les Yoruba ...) peuples qui constituent un élément important des populations au sud des États du Golfe du Bénin (Bénin, Togo, Ghana, Nigéria...).

Vaudou (que l'on prononce vodoun) est l'adaptation par le Fon d'un mot Yoruba signifiant « dieu ». Le vaudou désigne donc l'ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l'affirmation d'un monde surnaturel, mais aussi l'ensemble des procédures permettant d'entrer en relation avec celui-ci. Le vaudou correspond au culte yoruba des Orishas. De même que le vaudou est un culte à l'esprit du monde de l'invisible. À chaque ouverture, le prêtre vodoun demande l'aide de l'esprit de Papa Legba pour ouvrir les portes des deux mondes.

Le vaudou peut être décrit comme une culture, un héritage, une philosophie, un art, des danses, un langage, un art de la médecine, un style de musique, une justice, un pouvoir, une tradition orale et des rites.

Avec la traite négrière, la culture vaudou s'est étendue à l'Amérique et aux îles des Caraïbes, notamment Haïti. Elle se caractérise par les rites d'« incorporation » (possession volontaire et provisoire par les esprits), les sacrifices d'animaux, la croyance aux morts vivants (zombies) et en la possibilité de leur création artificielle, ainsi que la pratique de la sorcellerie sur des poupées à épingles (poupée vaudou).

La pratique de leur religion et culture était interdite par les colons, passible de mort ou d'emprisonnement, et se pratiquait par conséquent en secret. Le vaudou a cependant intégré les rites et conceptions catholiques, le rendant ainsi acceptable. Ainsi est né le « vaudou chrétien ».

Dans les années 1950, le Vatican a fait la paix avec le culte vaudou1. Les percussions et mélodies vaudou sont même intégrées dans les cérémonies et messes dans les églises catholiques

Le vaudou a perduré et ses pratiquants affichent sans craintes leur croyance.

Le panthéon vaudou en Afrique

Autel vaudou et fétiches à Abomey au Bénin, mars 2008.

Le panthéon vaudou est avant tout constitué des forces de la nature, comme dans le chamanisme. Les vaudou (loa, lwa) et leurs relations renvoient aux puissances naturelles que sont la foudre, la mer, la maladie, etc.

Mais le culte vaudou s'intéresse aussi à d'autres entités surnaturelles, telles que les ancêtres divinisés et les monstres (et autres animaux).

Les dieux (ou vaudousa)

Mawu (prononcer man-whou) est le Dieu suprême qui règne sur les autres dieux. (mawu lo lo pour « Dieu est grand » ; akpé na mawu pour « merci à Dieu » ; mawuena(m) pour « don de Dieu »). Mawu n'ayant pas de forme, il n'est donc jamais représenté, ni en peinture ni associé à des objets, comme le sont les autres vaudous.

Mawu est incréé et créateur de tous les autres vaudous. Mawu n'intervient pas dans la vie des hommes. Il aurait créé les autres vaudous pour qu'ils soient en relation avec les hommes et le monde. « Mawu » ne fait pas partie à proprement parler du panthéon vaudou ; c'est un concept, une entité plutôt qu'une personne ; littéralement Mawu doit se traduire par « l'inaccessible ». Ce qui explique qu'il n'y a nulle part dans l'aire du vaudou un culte pour Mawu ; on ne fait que le remercier, le glorifier. On le dit bienveillant envers toutes les créatures.

Les chrétiens Ewés et Fons utilisent le même mot Mawu pour désigner le Dieu chrétien.

Le panthéon vaudou est fait d'une multitude de Lwas, qui sont des esprits, des divinités inférieures, pouvant entrer en communication et même collaborer avec les humains. Les Lwas se matérialisent le plus souvent dans des objets inanimés de la nature, tel des pierres et des arbres ; c'est pourquoi on qualifie le vaudou d'« animiste ».

Une des plus importantes Lwas est Erzulie, ou Erzulie Freda, déesse de l'amour. On trouve aussi Gu (l'Ogoun des Yorubas), dieu de la guerre (et des forgerons), Sakpata, dieu de la variole (et plus généralement de la maladie, de la guérison et de la Terre), Damballa, esprit de la connaissance, ainsi que le puissant Hebieso, dieu de l'orage et de la foudre. Ce dernier est accompagné d'un nain ou d'un homoncule chargé de forger ses éclairs. Papa Legba, quant à lui, a la fonction d'intermédiaire et de messager des dieux. Il est assimilé, dans le vaudou syncrétiste haïtien, à Saint Pierre, qui détient les clefs du Paradis et de l'Enfer.

Dans le vaudou en Afrique, il n'y a pas les concepts de paradis et d'enfer. Lêgba (Eshu pour les anglophones) est en effet le dieu le plus important en cela qu'il est le dieu des croisements, le dieu de la réflexion ; son rôle d'intermédiaire vient ensuite. Il forme avec la divinité Fa (ou Ifa) un couple porteur de la pédagogie de cette culture2.

Autres divinités

Mami Wata (aussi appelée Yemendja dans la tradition du vaudou brésilien), un culte spécial lui est même consacré. C'est la (déesse) mère des eaux, déesse crainte des pêcheurs, elle symbolise aussi bien la mer nourricière que l'océan destructeur. Mami Wata est avant tout une divinité éwé, dont le culte est très présent sur la côte atlantique du Togo (mais aussi au Nigéria, au Cameroun, au Congo-Brazzaville) où elle symbolise la puissance suprême. Mami Wata est souvent représentée en peinture où elle figure sous les traits d'une sirène ou d'une belle jeune femme brandissant des serpents.

Mami wata n'est pas une adaptation de l'anglais comme on le croit parfois. Dans la langue mina qui est parlée au Sud du Togo et une partie du sud du Benin, « Amuiê » veut dire serrer « Ata » veut dire la/les jambes. Après les rituels dédiés à la déesse des eaux pour la fécondité de la femme et dont la principale demeure est l'Océan, le maître (Hougan) ou la maîtresse (Mambo) de cérémonie lui demande de répéter : «Mamui Ata» ce qui veut dire : « je serre les jambes » afin de garder pendant un moment ce que la Déesse a ensemencé. Avec le temps, on nomma la déesse « Amuia Ata » et avec les déformations phonétiques successives le nom « Mamui Ata » est devenu « Mami Wat ».

Dan : pour les Fon, Dan désigne le serpent, plus particulièrement le python, un animal sacré qu'on ne doit pas tuer. Dan a assisté à la création et soutient l'univers. Son culte est surtout répandu à Ouidah et dans sa région, où l'on trouve de nombreuses maisons aux serpents.

Culte et pratiques vaudou en Afrique

Le vaudou vient d'Afrique de l'ouest mais on pratique aussi un vaudou partout où des esclaves africains ont été déportés, comme dans certaines îles des Caraïbes ou dans quelques pays d'Amérique comme le Brésil, États-Unis, Mexique etc.

Les vaudous pratiqués en dehors du continent africain sont souvent des variantes et des restes de la religion d'origine. En effet les esclaves interdits de pratiquer leurs langues et cultes n'ont réussi à conserver qu'une infime partie de leur patrimoine culturel.

À l'images des langues créoles parlées par les descendants d'esclaves à travers le monde les vaudous des « nouveaux mondes » sont des mélanges entre différentes religions d'origines africaines (vaudou ou pas) et celles des sociétés esclavagistes.

La brutalité subie par les esclaves pour créer un climat constant « d'état de choc » chez les captifs est sans doute à l'origine de cette utilisation souvent de « terreur » et de vengeance du vaudou que l'on retrouve chez les pratiquants descendants d'esclaves, qui utilisèrent cette religion en réponse à des actes d'une cruauté difficilement concevable, commis par leurs maitres européens.

Une stratégie de « terreur par le vaudou » utilisée contre les oppresseurs et transmise ensuite de génération en génération notamment chez les colons blancs, terreurs qui se sont finalement retrouvées dans les scénarios de films des studios hollywoodiens par exemple qui ont largement diffusé à grande échelle cette image négative et guerrière du vaudou.

Le culte VODUN , une richesse et fierté d'Afrique!!!!!!!!!

            Il n’est plus un secret pour personne aujourd’hui que la pratique du «Vodun » est une réalité irréfutable à travers le monde. Mais il y a toujours un flou qui est entretenu autour de cette pratique à tort ou à raison.

«Vodun » est traité de tous les maux surtout dans le sens purement négatif, alors que, pour le peuple noir en général et le peuple fon du Bénin en particulier il est tout autre chose».

En effet chez les « Fon » du Bénin ex Danhomé, on dit «Vodun so vitowé o, e donudenanwananwea e na du wédo ta ton kpoun bonan lè jo nu wé». Cette phrase peut être traduite de la manière suivante : «quand le Vodun prend ton enfant, il n’en fera rien d’autre que de l’utiliser pour la danse et de te le rendre ensuite». Cette réflexion nous amène à dire que le Vodun ne veut de mal à personne. Il œuvre pour le bien être et la survie de l’homme.

DU CONCEPT VODUN

Qu’est-ce que le Vodun ? il est l’expression de toute une conception de la vie, une philosophie, l’expression d’une force spirituelle en un mot la puissance d’un esprit métamorphosé qui peut incarner toute merveille de l’humanité (la terre, le ciel, les forêts, les océans, les astres, les monts etc.)

Ainsi dans la vision des «Fon» du Danhomé cette pratique a été empruntée auprès des civilisations beaucoup plus anciennes que la leur telle que d’une part celle des Yoruba d’Oyo qui a été repensée,

améliorée dans le temps pour nous donner ce que nous appelons aujourd’hui «Vodun» et non «Orisha» qui est la même chose chez les Yoruba et d’autre part celle de la civilisation Ashanti du Ghana.

Rappelons que l’ancien royaume de « Danhomè» situé dans le golfe de Guinée entre deux grandes et vieilles civilisations à savoir la civilisation Ashanti du Ghana et celle des Yoruba d’Ifè au Sud du Nigeria, doit son épanouissement rapide et spectaculaire à la synthèse de ces civilisations et à la traite négrière. Héritier des deux grandes civilisations suscitées, le peuple «Aja-Fon» de l’ancien royaume du «Danxomè» estime que toutes les merveilles de l’humanité citées plus haut ont tous été des individus c’est-à-dire des êtres qui ont vécu sur la terre à un moment donné de l’existence du monde. Après leur mort physique, ils se sont métamorphosés et sont devenus invisibles. Cette réflexion nous amène à la définition du vocable Vodun qui est une abréviation de «Yehwe-vodun» ou Vodon (vodun = déformation de vodon). Ye : omdre ou esprit, Hwe : réduit, diminuer, insuffisant.

Pour nous résumer nous disons qu’un homme qui meurt, perd quelque chose de son entité physique ce qui lui fait changer de nature et de statut. Il quitte notre monde des mortels pour un monde invisible ou il ne mourra plus jamais. Ainsi il se sépare de nous et devient divinité, alors intermédiaire entre les vivant ce que nous sommes et Dieu créateur. C’est ainsi que le monde du Vodun est un monde merveilleux où tout est beau, magnifique; c’est le paradis. Pour signifier la même chose, le Y

orouba dit par exemple «Orisha» et non «Vodun». Si ce dernier a pris le pas sur les autres terminologies dans le temps c’est grâce à la rigueur dans l’organisation du royaume de «Danhomè» et la traite négrière qui lui ont permis de surplanter dans le temps les deux grandes civilisations qui l’ont accouché. Le panthéon «Vodun» fort de ce qui précède est composé d’un grand nombre d’entités différentes. C’est dans cette même diversité que le Vodun a été exporté en Amérique au delà de l’océan Atlantique.

Essai de typologie du vodun

Nous avons ainsi dans le royaume de « Danhomè » plusieurs grandes familles de « Vodun» avec leurs dérivés. On ne peut parler de «Vodun» dans le «Danhomè», sans parler du «Fa» avec tous les travaux qui ont été réalisés sur cet art divinatoire. Nous n’allons pas voudrais pas faire une définition répétitive, mais ajoutons que cet art divinatoire appelé encore géomancie a pénétré le «Danhomè» par Ifè au Nigeria. Une fois au «Danhomè» il a été adopté et retouché ce qui amène les populations du Bénin d’aujourd’hui à faire la différence entre les deux techniques, c’est-à-dire le «Fa» pratiqué chez les Yorouba et celui pratiqué chez les Fon dans les termes suivants : «Anago Fa» (fa du Nago-yorouba) et «Fon Fa» (Fa du Fon). Ce qui est important à notifier, est que sans le «Fa» le « vo

dun » n’aurait jamais connu une vraie existence normative. C’est le «Fa» qui nous conduit au «Vodun». Pour mieux accomplir cette mission «Fa» s’appui sur deux éléments fondamentaux que sont la divinité «Legba» et la divinité «Minon-nan» en abréviation «Nan».

Le «Legba»

Il est classé au premier rang de tout ce qui est «Vodun» d’où son nom «Hunjenukon» ce qui signifie en «Fongbe» le premier des «Hun» qui est une appellation du «Vodun ». Cette position au sein du panthéon «Vodun» lui permet de jouer le rôle de messages d’une divinité à l’autre. Quelque soit la forme qu’il prend, il se fait distinguer par un phallus en permanente érection. C’est le symbole de la virilité masculine et de la procréation, car un homme qui ne «bande» pas n’en est pas un. Il est  donc moins qu’une femme. On dit qu’il n’est pas «vivant».

«Minon Nan» ou «Nan»

De par sa prononciation en «Fongbe» Minon veut dire «notre mère» et «Nan » est le nom générique commun p

ar lequel on désigne toute femme chez les «Fon ». Cette divinité est vénérée dans une pièce de bois de forme un peu circulaire dont la surface est creusée de manière grosso modo, symbolisant le sexe féminin et qui est appelé «Akpakpo» ou «Minon an – kpakpo » comme le «Legba» cette pièce de bois est le symbole du sexe féminin qui engendre la maternité, donne la vie.

«Fa» étant l’esprit qui nous permet d’avoir une vision sur le monde de l’inconnu et du connu, il constitue avec le «Legba» et « Minon Nan » la Trinité du panthéon «Vodun». Il est important de préciser ici le caractère direct du langage «Vodun» en matière de sexualité. Contrairement aux religions révélées telles que le catholicisme. La Trinité du panthéon «Vodun» est représentée par «Fa» : esprit ; «Legba» : Homme portant (viril) et «Minon-nan» femme féconde.

Cette trinité ayant à sa tête «Fa» nous conduit inévitablement au monde de l’inconnu dont il est issu comme le «Vodun». Ainsi il nous permet de déterminer à quelle entité «Vodun» nous avons à faire et quelle forme elle doit revêtir.

La première forme d’identification des entités «Vodun» est le pot de terre en, argile cuite. Pour les initiés, il suffit qu’ils voient le pot de terre en argile cuite et de par sa forme ils nous disent automatiquement à quelle entité ils ont à faire ; que les pots soient disposés dans un temple ou non. Nous avons d’autres formes de représentation du «Vodun» telle que le bois sculpté appelé en «Fon gbe : bochio» qui signifie dans cette langue : cadavre de «Bo». Un «Vodun» peut également habiter une pierre ou un amas de pierres. La différence entre ces dernières formes et les pots de terre en argile cuite est que: seuls ceux qui ont à charge la gestion de ces entités peuvent dire à quelle

entité on a à faire à travers le bois sculpté, la pierre ou l’amas de pierres ou autres objets. Je précise que tout objet utilisé dans la pratique du «Vodun» est d’office considéré comme le «Vodun». Ainsi tout ce que les fidèles possédés par le «Vodun» utilisent sont considérés comme tels (accoutrements, parures, instruments de musique…).

En effet aucun être vivant n’a vu Dieu et ne le verra jamais ; mais l’homme voit Dieu à travers tout ce qu’il a créé. Ainsi la religion «Vodun» enseigne le respect tout ce qui est créature «Divine» y compris l’homme dans sa dimension infinie c’est-à-dire quand il meurt et rentre dans le monde de Dieu qui est l’infini. Ne pouvant pas aller directement à Dieu il est ressenti à travers ces œuvres qui pour les fidèles «Vodun» habitent une partie de lui-même. C’est cette partie ou souffle de Dieu qui s’exprime à travers ses œuvres en tant qu’esprit qui est baptisé «Vodun» chez le peuple «Fon» d’Afrique de l’ouest qui est comme je l’ai dit plus haut un diminutif de «Yehwe-vodun». Contrairement à ce que les non informés pensent sur les fidèles du«Vodun», ces derniers sont plus croyants que beaucoup d’autres car toutes les entités «Vodun» sont placées sous l’autorité et la volonté d’un être suprême.

Dans ce même sens toute invocation de «Vodun» est clôturée par l’invocation de Dieu créateur de l’univers ; le «Vodun» ne pouvant avoir de force sans Dieu. Les liens étroits entre le «Vodun» et Dieu sont l’illustration parfaite de l’accommodation de l’église catholique avec le vocabulaire fon du vodun.

En effet l’église ca

tholique a fait sa pénétration dans le royaume de Danxome sous le règne du quatrième monarque Agadja surnommé par certains : le conquérant. Quand ce souverain a eu des informations sur cette religion, il l’a qualifiée de pacifique et de noble. Ainsi sur son instruction et sur la demande des missionnaires catholiques il leur a donné un espace pour qu’ils construisent leur église. A la fin de cette réalisation, le roi leur demande qu’il est leur symbole, par quel signe reconnaît t-on la religion catholique? Les missionnaires ont répondu par la croix. Le roi a dit qu’après avoir disposé la croix sur le toit de l’église qu’il faut disposer à l’intérieur le symbole de la religion du royaume qui est la calebasse fermée et qu’il ordonnera à tout son peuple de se rendre aisément dans ce nouveau temple sans crainte car quand il y a le signe du blanc en haut, qu’il y a à l’intérieur le signe de la religion du Danxome le «Vodun».Toute cette histoire se résume dans la réalisation d’un autel portatif appelé en Fongbe «Asen» ou «Sinuka» exposé aujourd’hui au Musée central des palais royaux d’Abomey au Bénin. Site classé patrimoine mondial de l’UNESCO

La société et le Vodun

Je donne ici quelque

s exemples de l’accommodation du catholicisme avec le «Vodun» à travers les vocabulaires.

ExpressionFrançaisCatholique
Vodun non ou Yehwe non Prêtre, Curé, Abbé Yehwe non
Yehwe ou Vodun Ange, Saint Esprit Yehwe (mimin)
De Prière De, Yehwexixa
Vo, Vosisa Sacrifice, Offrande, Culte Vo, Vosisa
Vosisa Culte Vosisa
Mawu lissa (divinité) Dieu Mawu, Manhwu

Ce vocabulaire a été de nos jours plus enrichi et plus fourni dans la religion catholique à travers un nouveau mouvement religieux appelé «Sillon Noir» ou inculturation qui n’est rien d’autre que l’évangélisation du noir à partir de son propre vécu.

Tous ces éléments permettent de dire que c’est à travers le Vodun, que le fidèle ressent Dieu d’où l’éternité du Vodun c

omme Dieu. Le Vodun ne meurt jamais il est esprit, une émanation de Dieu à une échelle inférieure car Dieu ne meurt jamais.

A partir du moment où il peut être confirmé que la pratique du Vodun repose sur les mêmes principes de base comme toute religion, il est alors un culte religieux c’est-à-dire une religion comme les autres. Voici une tentative de présentation de la structure du clergé Vodun à partir du rapport qui existe entre le couvent (Hunkpame), le temple (Hunxo ou Vodunxo), l’adepte possédé (Vodundo asita), l’adepte simple (Vodunsi) et le Laïc (simple fidèle).

Rapport couvent – Temple – Adepte possédé – Simple fidèle ou adepte et Laïc

Le couvent

C’est une concession

habitable aménagée pour les besoins de la cause. Ainsi on a des chambres occupées par adeptes possédés. Selon que les adeptes soient du sexe masculin ou féminin, ils peuvent se regrouper par affinité en groupe de deux ou plusieurs ou seul selon la capacité de la chambre. Il est toujours prévu un espace relativement grand où tous les adeptes possédés peuvent se rassembler pour des séances d’animation pendant laquelle tous chantent en cœur sans tam-tam. On note également la présence de l’autel de la divinité «Vodun» pour lequel le couvent a été construit. Alors le couvent apparaît comme le lieu où on reçoit la formation à travers une initiation rigoureuse pour bien pratiquer et  servir la religion «Vodun».

Dans un couvent on retrouve quatre grands groupes :

  • Le collège des adeptes possédés par le «Vodun» : ils sont les plus nombreux et très respectés par tous le reste;
  • Le collège des adeptes non possédés ou en attente de l’être;
  • Le collège des prêtres du «Vodun»;
  • Le collège des laïcs qui sont les initiés à un degré inférieur et simple. Ils ne sont pas des adeptes mais ils sont au service des adeptes possédés et des «Vodun».

Temple

On n’entend par te

mple toute sorte d’abri sous lequel est installé un ou des pots de terre en argile cuite; une ou des statuettes ou tumulus représentant une entité «Vodun».

Il existe plusieurs types de temples. Nous avons de petits temples destinés à l’usage des individus. Que le temple soit d’utilité individuelle ou publique, il y en a qui sont construits à l’intérieur des maisons et d’autres toujours en dehors de ces dernières et jamais à l’intérieur.

Pour ce qui est des «Vodun» qui s’expriment à travers des adeptes qu’ils possèdent, les temples pendant longtemps ont été des cases circulaires construites en terre de barre couvertes de paille. Pour les badigeonner on utilise du kaolin, une forme de calcaire blanchâtre qu’on met sur la partie supérieure du mur à l’intérieur comme à l’extérieur. Pour ce qui est de la partie inférieure du mur et du sol à l’intérieur du temple on utilise pour leur revêtement une terre spéciale possédant d’énormes vertus, appelé «Agbidi» qui a une couleur noirâtre.

De nos jours ces normes ne sont plus respectées partout à cause des influences de la modernisation. On ne saurait parler de temple sans faire allusion à une exception par rapport à ce que nous avons défini jusqu’ici. Il s’agit du groupe de la divinité «Tovodun» (génie des eaux), qui utilise un temple d’une architecture particulière et unique en son genre appelé «Xoga» (Xo=case); «Ga» est le diminutif ou abréviation de «Gaga» = long (case longue). Ces temples sont effectivement très longs avec de multiples entrées précédées d’auvent.

Adepte

On entend par adep

te ou «Vodunsi» (épouse ou femme du «Vodun») tout individu qui a subit une initiation pendant au moins sept mois dans un couvent. Il est ainsi préparé pour que son corps puisse habiter ou incarner l’esprit, le vodun. C’est l’individu qui n’existe plus dans son état primaire en tant qu’une entité humaine et vivante. Il a perdu tout ce qu’il a été à travers son voyage initiatique. Il revient de ce voyage apte à transposer son nouvel état dans un monde qu’il a quitté et qu’il ne reconnaît plus. Il considère cet ancien nouveau monde comme un enfer à vivre. L’initié Vodun résume sa vie en trois étapes, c’est-à-dire en trois jours qu’il est pressé de vivre : le jour blanc, le jour rouge et le jour noir.

Le jour Blanc

Il correspond à la naissance où tout vous sourit, tout est beau, il y a la joie, la gaieté, l’espérance et l’espoir. Le nouveau né a no

rmalement les yeux tout blanc et éclatants.

Le jour Rouge

Il correspond aux difficultés de la vie où vous ressentez le dégoût, l’amertume, le désespoir, l’angoisse…

L’homme adulte a les yeux plus au moins sales qui perdent toute leur clarté de la naissance.

Le jour Noir

Il correspond à la mort, la fin de tout un processus et le commencement d’une nouvelle vie infinie et recherchée.

Ce troisième jour est l’espérance où enfin l’initié rejoint le paradis d’où il vient à travers son voyage initiatique. Le paradis tant désiré et qu’il a préparé pendant tout son séjour d’initié et au prix de beaucoup de sacrifice à travers les interdictions très difficiles à observer.

On ne saurait parler de la société et du Vodun sans jeter un regard sur les pratiques liées à la perversion humaine. En effet il ne serait pas réaliste de ne pas reconnaître l’exploitation des puissances occultes du Vodun à des fins antisociales. Les hommes étant à la recherche permanente des forces occultes pour changer le cours des évènements à leur profit, arrivent à convaincre des responsables du Vodun à faire

leur volonté contre de l’argent. Ainsi toute une confusion est entretenue autour du Vodun, de la sorcellerie et de la magie. La sorcellerie et la magie sont deux concepts à action transversales au sein de toutes les sociétés humaines. Donc est sorcier ou magicien qui veut mais jamais prêtre du Vodun qui veut.

CONCLUSION

Je veux que vous constatiez avec moi que nous devons être fier de notre culture, de notre civilisation, de notre vision du monde. Je suis tenté de dire que si l’homme blanc n’était pas venu nous envahir avec ses nouvelles valeurs culturelles déjà dénaturées par les nouveaux besoins liées au développement économique, l’Afrique reprenait aisément sa place de berceau de l’humanité où tous les peuples du monde viendraient s’y ressourcer. Le vodun est diabolisé parce qu’il est victime de l’ignorance et du mépris de la part de ses détracteurs.

Le vodunsi est un croyant monothéïste et non polythéïste.



Zangbéto : chasseur de nuit


       Zan = nuit, gbéto = chasseur, symboliquement le Zangbéto est donc le chasseur de la nuit. Son rôle a évolué pour devenir celui du gardien du territoire du roi, l'agent de sécurité chargé d'assurer le maintien de l'ordre la nuit pendant que le roi dort.
Son origine vient de l'idée géniale du prince chasseur du nom de Padonou Hennoukon appartenant à la collectivité des Davié-Holou et faisa
nt partie du cortège de Tê-Agbanlin devant fuir d'Allada. Il fabriqua des cases coniques et portatives qu'il entoura de feuilles sèches de bananier avec des yeux de bœuf par où l'on pouvait voir de l'intérieur tout à l'ext
érieur. Il initia ceux qui pouvaient s'en servir et leur donna des défenses d'éléphant qui devrait leur servir de porte-parole avec une sorte de rugissements perceptibles à plusieurs lieux et inspirant la terreur et la frayeur.
      Le Zangbéto était créé et par ce subterfuge, Tê-Agbanlin et son cortège purent faire la pérégrination jusqu'à Porto-Novo sans coup férir. Arrivés à Hogbonu, Tê-Agbanlin dû conserver le Zangbéto, l'organiser sur des principes et des préceptes solides et secrets pour en faire un fétiche sans pratique religieuse; une société secrète ayant pour but, la protection du roi, de la ville et des habitants contre l'invasion des ennemis et contre tout malfaiteurs. Il l'installa à côté de son palais sous l'arbre de Ava et lui donna le nom de Kpakriyahou, nom guerrier qui évoque un animal couvert de piquants, et qui signifie «n'y touchez pas».
Kpakriyahou est le Chef suprême des Zangbétos. Tous les Zangbétos nés après lui ont un nom tiré d'une particularité locale, d'une sentence ou d'un fétiche en guise d'identité. Kpakriyahou créa dans chaque quartier de la ville d'autres Zangbéto et il y eut la confrérie des Zangbéto pour régler les divers rapports entre eux. Ils sont liés par les liens d'une solidarité morale, religieuse et secrète.
Il est à noter l'utilité, la nécessité de cette institution qui doit être conservée et respectée.
                           
                                                                                                                AKADIRI Andil
Mahfouz BADIROU le panafricain
Le Président du MOPJAD


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